jeudi 5 novembre 2015

La comtesse (de Julie Delpy)

Je l'ai dis plusieurs fois auparavant mais j'ai toujours eu un faible concernant les vampires, je me suis délecté devant de nombreux films, lu plusieurs romans et Dracula ainsi que Carmilla sont mes livres de chevets.  Aujourd'hui, je souhaite parler d'un très bon film du genre.. du moins pas exactement.


Je ne sais pas si parmi vous, certains ont entendu parler de la comtesse Erzebeth Bathory ? Née en 1560, il s'agit d'une femme issu de l'une des familles les plus puissantes et les plus anciennes de la Hongrie et cousine du roi Mathias 1er.  Elle aurait également des liens de parentés avec Vlad Tepes (le véritable Dracula, celui qui inspira Bram Stoker pour son bouquin).
Elle avait une petite particularité bien à elle.. d'après les descriptions de l'époque, c'était une très belle femme qui prenait grand soin de son apparence et qui dans un mauvais jour, frappa l'une de ses servantes après que celle ci lui avait malencontreusement tiré les cheveux un peu trop fort lorsqu'elle était en train de brosser ses cheveux. Le sang de la jeune femme atterrit alors sur la main de la comtesse et celle ci cru voir à ce moment là que le sang avait un effet bénéfique sur sa peau qui se mit à rajeunir.
Dès lors, elle eu l'idée de capturer les jeunes filles de la région, (de préférence pauvre et/ou orpheline) afin de les torturer, les assassiner pour ensuite se baigner dans leurs sang afin de retrouver sa beauté et sa jeunesse. Son petit jeu dura quelques années jusqu'à ce qu'elle finisse par se faire capturer. Comme condamnation, elle fut emmurée vivante dans sa chambre ou elle y resta pendant 4 ans. Elle mourut ainsi en 1614, à l'âge de 54 ans.
Enfin bref, vous trouverez bien plus de détails dans de nombreux articles que vous pourrez trouver sur internet. Toujours est-il qu'après sa mort, des rumeurs disaient que la comtesse était revenu d'entre les morts sous forme de vampire. Et c'est ainsi que la légende de la comtesse est née...


Erzebeth Bathory


Le mythe de cette femme n'a pas réellement intéressé grand cinéastes ni écrivains au cours du XXème siècle mis à part quelques fois ou elle inspira les cinéastes comme ceux de la Hammer avec "la Comtesse Dracula" paru en 1971 (film plutôt sympa au passage).


La comtesse Dracula avec Ingrid Pitt


Je parle je parle, mais j'en oublie l'essentiel  et je dois donc parler de ce pourquoi j'écris jusqu'à présent.
Nous sommes en 2010, un beau jour du mois de Mai  (un mercredi pour être exact) et j'attends avec impatience la sortie d'un film intitulé sobrement "la comtesse" avec Julie Delpy (qui s'est occupé également de la réalisation et du scénario) et qui se base (de façon plus ou moins romancé) sur la vie d'Erzebeth. Je ne m'attendais pas à un blockuster à l'américaine, loin de là, je m'attendais à quelque chose de plus sombre, de plus sobre et je dois dire que j'étais plus qu'agréablement surpris. Ce film est une réussite sur de nombreux points.



En toute sincérité, ce film est un portrait intelligent envers cette femme, il se veut réaliste et ne tombe pas dans le piège dans faire une femme vampire, loin de là. Ce film ne lorgne ni sur l'angoisse ni sur le fantastique mais bel et bien sur l'aspect psychologique en abordant plusieurs sujets comme l'amour, la vanité, la peur de vieillir, la mort, l'amour et la condition de la femme au XVIIème siècle.

Julie Delpy a signé ici un film classe et élégant ou elle interprète elle même le rôle de la comtesse.

La photographie est très belle, les décors comme les costumes sont beaux.
Rien à dire sur les acteurs qui sont eux aussi très bons,  j'ignorais à quel point Julie Delpy était une bonne comédienne en livrant un ej d'actrice sobre et élégant. Elle peu passer de la femme amoureuse à la femme hystérique, elle reste convaincante.



Niveau scénario, la 1ère bonne idée de ce film, c'est que nous ne voyons pas la comtesse comme un monstre, une dangereuse psychopathe assoiffé de sang mais bien comme un être humain. Une femme qui semble froide et cruelle mais qui au final se révèle sensible au point de céder petit à petit dans la folie après une peine de cœur.

Julie Delpy eu encore une bonne idée de créer une relation amoureuse impossible entre la comtesse et un jeune homme et dont l’échec est le point de départ de sa folie meurtrière.
Elle nous livre le portrait d'une femme qui bien que cruelle se révèle attachante, sévère et même juste.



La troisième bonne idée également c'est de créer une conspiration autour du personnage de Bathory.
Historiquement, après sa mort, certaines personnes ont hérité de ses biens et les dette du roi furent effacé (Mathias devait une importante somme d'argent à Erzebeth de son vivant).
Ce fut donc des bases intéressantes afin de créer l'histoire de ce complot.
Julie Delpy nous montre ici qu'Erzebeth n'est pas forcément le personnage le plus mauvais de toute l'histoire mais apparaît surtout comme l'un des plus sincères. Les autres personnages de ce films ont chacun leurs faibles et leurs défauts.




En définitive, Julie nous fais comprendre ici qu'Erzebeth  était certes une femme cruelle... mais il s'agit d'une femme qui l'était parce qu'elle a était éduquée dans la cruauté. L'époque était difficile pour tout le monde et les nobles avaient limite droit de vie et de mort sur leurs serviteurs.
Et surtout, la femme n'avait pas grand pouvoir, elle apparaît faible et vulnérable, surtout lorsqu'il s'agit d'une riche veuve comme Erzbeth qui attire alors toutes les convoitises. Cette femme se devait d'être cruelle si elle ne voulait pas que ce soit les autres qui le soit envers elle.

Je vais m'arrêter ici (j'aurais peur de vous ennuyer plus longtemps) mais ce film est une excellente surprise et si comme moi, vous vous intéressez au mythe du vampire ou alors que vous vous êtes déjà intéressé au personnage historique  d'Erzebeth, n'allez pas plus loin, ce film vous tend les bras.











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